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Frais de notaire : l'argent que la banque ne prête pas

La banque finance le prix du bien, rarement les frais. Dans l'ancien, cela représente 7 à 8% à sortir de votre poche le jour de la signature.

· · 5 min

Une maison mitoyenne néerlandaise au bord d'un canal, façade de brique et hautes fenêtres, photographiée depuis l'autre rive par un après-midi d'automne couvert, avec un vélo appuyé contre la rambarde et des géraniums sur la marche.

Les frais de notaire s'élèvent à environ 7 à 8% du prix dans l'ancien et 2 à 3% dans le neuf, et les banques exigent presque systématiquement qu'ils soient couverts par votre apport personnel — jamais par le crédit. Sur un bien ancien à 300 000 €, cela représente environ 22 000 € à réunir en plus de tout apport sur le prix lui-même.

L'essentiel :

  • Les frais de notaire sont réclamés en apport, pas financés : c'est la première somme à sécuriser.
  • Environ 80% de ces frais sont des impôts reversés à l'État et aux collectivités, pas la rémunération du notaire.
  • Dans le neuf, les frais tombent à 2–3% : l'écart avec l'ancien dépasse 15 000 € sur un bien à 300 000 €.
  • Les émoluments du notaire sont tarifés par décret — comparer les études ne change quasiment rien.
  • La banque évalue aussi le bien : si son estimation est inférieure au prix, votre apport augmente d'autant.

Pourquoi la banque refuse de financer les frais

Un crédit immobilier est adossé à une garantie : le bien lui-même. Les frais de notaire, eux, ne créent aucune valeur récupérable — ils partent en taxes et en formalités.

C'est pour cette raison que le financement « à 110% », qui couvre le prix et les frais, reste une exception réservée aux profils très solides, généralement jeunes actifs en CDI avec une forte capacité d'épargne, et souvent assortie d'un taux moins avantageux.

Pour la majorité des acheteurs, la règle reste simple : le prix se finance, les frais se paient.

À combien s'élèvent réellement les frais de notaire ?

Comptez environ 7 à 8% du prix pour un logement ancien et 2 à 3% pour un logement neuf. La différence tient presque entièrement aux droits de mutation, plus élevés dans l'ancien.

Poste Part des frais Sur 300 000 € (ancien)
Droits de mutation (départementaux et communaux) environ 5,8% du prix ~17 400 €
Émoluments du notaire (tarifés) environ 0,8–1% ~2 700 €
Débours et formalités variable ~1 400 €
Total approximatif environ 7–8% ~21 500 €

L'expression « frais de notaire » est trompeuse : l'essentiel de la somme ne revient pas au notaire mais au Trésor public. Les émoluments proprement dits sont fixés par décret et identiques dans toutes les études de France.

À noter : plusieurs départements ont relevé leur taux de droits de mutation ces dernières années. Vérifiez le taux applicable dans le département du bien avant de figer votre plan de financement.

Que se passe-t-il si la banque estime le bien en dessous du prix ?

Si l'expertise de la banque valorise le bien en dessous du prix convenu, l'établissement réduit le montant prêté et vous comblez la différence sur vos fonds propres, en plus des frais. Le crédit se calcule sur la valeur retenue par la banque, pas sur ce que vous avez accepté de payer.

Trois réflexes utiles avant d'en arriver là :

  • Faire figurer une condition suspensive d'obtention de prêt dans le compromis — elle est légalement prévue et vous protège si le financement ne suit pas.
  • Négocier le prix en s'appuyant sur l'estimation : c'est un avis extérieur et chiffré.
  • Connaître à l'avance votre marge : la somme que vous pourriez ajouter sans épuiser votre trésorerie.

Ce qu'il reste à financer après la signature

Les frais ne sont que la première vague. Viennent ensuite le déménagement, la cuisine si elle n'est pas équipée, et les travaux — que les acquéreurs sous-estiment presque systématiquement. Notre guide sur les coûts cachés de la première année chiffre cette seconde vague, et le vrai coût d'un achat immobilier reprend l'ensemble des postes pays par pays.

Si vous voulez savoir précisément ce qui se passe le jour de la signature — ce qui est lu, qui signe quoi, quand les fonds circulent — le déroulé du rendez-vous chez le notaire le détaille minute par minute.

Comment font ceux qui arrivent sereins à la signature

Ceux qui signent sans mauvaise surprise ont fait une chose peu spectaculaire : ils ont séparé deux budgets dès le départ. Le premier, c'est ce que la banque prête. Le second, c'est ce qui doit être disponible sur le compte avant la signature — et ce second chiffre bouge à chaque devis et à chaque révision d'estimation.

C'est ce chiffre-là qui dérape. Il se compose de lignes qui arrivent à des semaines d'intervalle, il change si l'expertise revoit la valeur à la baisse, et à deux il faut encore le répartir équitablement. Le garder en tête, c'est découvrir le manque au pire moment.

Ce compte vivant — chaque taxe, facture et devis depuis le compromis jusqu'au dernier meuble, avec le crédit à côté — c'est précisément ce pour quoi CasaTab a été conçu, à partager avec la personne qui achète avec vous.

Le chiffre qui décide

Le prix affiché est celui dont tout le monde parle. Celui qui fait échouer les projets est ailleurs : c'est la somme qui doit exister sur votre compte le jour de l'acte authentique.

Calculez les frais selon le taux de votre département, ajoutez une marge au cas où l'estimation bancaire serait inférieure au prix, et sachez avant de négocier jusqu'où vous pouvez aller sans vider votre épargne de précaution. Cette somme se calcule avant de faire une offre — pas après.

Suivez chaque coût. Classez chaque document.

Dépenses, reçus, factures, contrats et mensualités — tout au même endroit, bien rangé. Gratuit pour commencer.

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